Les appareils de reconnaissance Tsybin
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I. Origine
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Création/Mise à jour : 18/08/2001 |
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Au début des années 50, il était évident en URSS comme à l'Ouest que les prochaines armes thermonucléaires auraient besoin d'un vecteur stratégique d'un nouveau type. En attendant la mise au point des ICBM (missile balistique intercontinental, voir l'histoire des Convair X-11/X-12) la seule réponse possible était le bombardier supersonique. Après une étude approfondie du sujet, Tsybin se rend au Kremlin le 4 mars 1954 et expose les grandes lignes de son projet pour le bombardier supersonique à réaction RS. Le projet préliminaire est remis le 31 janvier 1956, avec une proposition supplémentaire pour une version de reconnaissance de l'appareil appelée 2RS. Cependant Koroliev enregistre des progrès si rapide avec l'ICBM R-7 (lancé le 15 mai 1957 et avec un plein succès le 21 août 1957) que le RS est rapidement abandonné. Les ressources sont alors transférées sur les études de l'avion de reconnaissance 2RS. Le RS avait une configuration aérodynamiquement avancée et ressemblait un peu au Lockheed CL-400 Suntan de la même époque. L'aile était placée très en arrière sur un fuselage de section circulaire et avait un rapport épaisseur/corde très faible de 2.5 à 3,5 %. Des ailerons à large corde complétaient des ailerons conventionnels, les autres surfaces étaient des plans canard et un gouvernail de direction conventionnel, toutes les surfaces étant actionnées hydrauliquement. L'habitacle accueillait un pilote en combinaison pressurisée, assis sur un siège éjectable. La verrière était prolongée par une épine dorsale qui contenait les diverses canalisations du système hydraulique. |
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Le RS devait être emporté à une altitude de 9000 mètres sous un Tu-95N. Après le largage il devait accélérer jusqu'à vitesse supersonique (3000 km/h) sur la poussée de deux moteurs-fusée largables. Le pilote devait alors mettre en marche les deux moteurs de croisière montés sur les saumons d'aile. Ces moteurs étaient des ramjets RD-013, conçus par l'équipe de Bondaryuk à l'OKB-670. Chacun avait une entrée d'air à géométrie fixe et une tuyère d'éjection de type convergent/divergent permettant le vol de croisière à Mach 2,8. Le diamètre et la longueur de ces ramjets étaient respectivement de 0,65 et 5,5 mètres. En 1955 le projet prévoyait 16,5 tonnes de carburant, soit plus de fois la masse à vide (5.2 tonnes). Le chargement militaire devait être une arme thermonucléaire de 1100 kilogrammes. Le seul dessin qui soit parvenu jusqu'à nous montre que cette arme devait être installée dans un missile de configuration delta sans queue et fixé à l'arrière du fuselage.
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Sources : |
Les appareils de reconnaissance Tsybin |